Nouveau chantier : Wikifémia

Nous avons participé aux Open ateliers version longue organisés par Labomedia à Orléans du 24 au 28 juillet 2017 et avons mis à profit cette semaine pour réfléchir à la suite du projet.

Après les 3 performances “A VOTÉE”, nous avions envie de rechercher de nouveaux textes à traduire et de nouvelles modalités de performance. Notre intérêt s’est porté sur Wikipédia, parce qu’il représente un enjeu particulier dans la représentation des femmes.

Nous avons imaginé un nouveau chantier : Wikifémia.

Wikifémia propose de mettre en scène des biographies de femmes remarquables figurant dans l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Bien qu’elle soit basée sur le principe de neutralité, elle n’échappe pas aux stéréotypes (dans la version francophone de Wikipédia, 16% des biographies sont consacrées à des femmes et 10% des contributeurs sont des contributrices).

Le texte de Wikifémia est composé de fragments d’articles ré-écrits « en française ». À partir d’une sélection de personnalités appartenant à différents domaines : art, sciences, techniques, politique, et ayant vécu à l’époque des premiers mouvements d’émancipation des femmes (au XIXe siècle), il s’agit de générer une narration non linéaire qui relie les protagonistes dans une perspective féministe.

La performance consiste en un tissage de voix reprenant le principe des hyperliens de Wikipédia; la parole est distribuée entre une comédienne et des opératrices de voix de synthèse. Cette polyphonie nous permet d’aborder différents aspects de la vie de ces femmes mêlant anecdotes, histoire des mentalités et commentaires critiques.

Modalité de travail

Le but est de créer des « ensembles » de personnalités, chaque « ensemble » est réalisé à partir de quelques « graines » ou personnalités-matrices, qui permettent de collecter un certain nombre fini d’hyperliens.
Chaque « ensemble » est un tissage/patchwork, par lequel nous soulignons l’aspect collectif et social des activités de ces femmes.
Il ne s’agit pas de faire un recueil autoritaire et définitif comme les dictionnaires des « grands hommes », mais un travail ouvert, une proposition sans fin, chaque « ensemble » étant comme un instantané réalisé à un moment T de l’état de Wikipédia.

Wikifémia comprend deux registres de texte :
  • Un travail de réécriture en française à partir des articles présents sur Wikipédia (francophone et anglophone),
  • un travail critique de commentaire, rédigé en français, qui reflète des questionnements sur la production du savoir sur Wikipédia (disparité entre les versions française et anglaise de l’encyclopédie, identité et actions des contributeur⋅rice⋅s, biais dans l’approche et dans l’expression, en particulier les stéréotypes…)

Pour générer le texte réécrit en française, une méthode hybride basée sur des outils alternativement automatiques et manuels est adoptée :

  • des outils de recherche et de filtrage (du type Wikidata ou DBpedia) permettent de sélectionner les articles et les liens hypertextes qui nous intéressent afin d’obtenir automatiquement une première version des textes-sources,
  • une phase« manuelle » permet de réécrire en français et d’assembler les textes collectés (traduction de l’anglais, adaptation des textes, synthèse des informations en fonction des versions linguistiques le cas échéant),
  • une traduction automatique en française est réalisée à l’aide de notre script Python déjà développé,
  • des relectures et corrections manuelles sont nécessaires à la finalisation.

Wikifémia donnera également lieu à des publications en ligne et aussi sous forme papier. Une recherche sur le design et le façonnage des volumes avec un système d’onglets multiples est prévue afin de permettre une navigation aisée à l’intérieur de chaque « ensemble ».

Les première “graines”

Pour le premier prototype de ce projet, nous avons commencé à répertorier des articles en partant de ceux consacrés à deux personnalités contemporaines mais très différentes ::

  •  Madeleine Pelletier, née le 18 mai 1874 à Paris et morte le 29 décembre 1939 à Épinay-sur-Orge est en 1906 la première femme médecin diplômée en psychiatrie en France. Elle est également connue pour ses multiples engagements politiques et philosophiques et fait partie des féministes les plus engagées au regard de la majorité des féministes françaises du XXe siècle.
  • et  Natalie Clifford Barney , née le 31 octobre 1876 à Dayton (Ohio) morte le 2 février 1972 à Paris, est une femme de lettres américaine du XXe siècle, une des dernières salonnières parisiennes. Plus que ses poésies, mémoires et épigrammes, c’est sa vie qui est sa véritable œuvre d’art.

Conférence et performance à L’ENSCI LES ATELIERS

Roberte la Rousse a été invitée à participer au séminaire “DANS LA MASSE – FORuMIDABLE”, Écritures de création / Pratiques de recherche à l’ENSCI- LES ATELIERS les 15 et 16 juin 2017.

Nous y avons donné une conférence présentant notre travail de recherche autour du projet “En française dans la texte”, ainsi que la performance “A VOTÉE” le 16 juin 2017.

Télécharger le PDF de la conférence : Conférence à l’ENSCI

Lien vers la vidéo de la conférence et de la performance : https://www.youtube.com/watch?v=jAWIKodVYHg

Lien vers la page de l’Ensci “Écritures de création, Pratiques de recherche les 15 et 16 juin à l’ENSCI” : http://www.ensci.com/actualites/une-actualite/news/detail/News/20593/

 

 

Préparation de la performance à la Gaité Lyrique

Après une première performance au Bouillon à Orléans, au cours de laquelle nous avions adopté une approche linguistique (présentation du dictionnaire et des règles de traduction en française), nous choisissons un angle différent pour la prochaine présentation.

La performance à la Gaité Lyrique – Paris aura lieu le 5 mai 2017, soit entre les 2 tours de l’élection présidentielle, elle prendra place dans le cadre de la manifestation ” L’Élection parfaite” au début de la soirée “Big Data Président(e)”.

Elle consistera en une lecture en française de la nouvelle, sur-titrée en française et accompagnée de commentaires de Roberte La Rousse, sorte de notes de bas de page, venant prolonger le texte d’Asimov.

A VOTÉE, performance du 02mars 2017

« La bonne usage » – Synthèse

RÈGLES DE TRADUCTION EN FRANÇAISE

RÈGLE N°1 – LES ADJECTIFS, DÉTERMINANTS ET PRONOMS
Substituer systématiquement les formes féminines aux formes masculines. Conserver les formes épicènes (c’est-à-dire ayant la même forme au masculin et au féminin).

RÈGLE n° 2 – LES SUBSTANTIFS
Remplacer systématiquement les formes masculines par les formes féminines quand elles existent en français, ce qui est le cas en particulier pour les noms de métier, de fonction, de grade et de titre. Sinon, quand des formes féminines n’existent pas, les substantifs restent au masculin précédés d’un déterminant féminin.

RÈGLE N° 3 – LES PARTICIPES PRÉSENTS
Les participes présents sont arbitrairement au masculin singulier en français, il faut donc les traduire arbitrairement au féminin singulier en française.

RÈGLE N° 4 – LES PARTICIPES PASSÉS
Les participes passés sans complément d’objet direct antécédent sont arbitrairement au masculin singulier en français, il faut donc les traduire arbitrairement au féminin singulier en française.

RÈGLE N° 5 – LES AUTRES FORMES
Toutes les autres formes sont inchangées.

« A votée » – La publication

 

Nous avons édité en quelques exemplaires le texte intégral de la nouvelle traduite en française. Ces exemplaires sont des documents de travail et de dialogue à destination de nos interlocuteurs (linguistes, comédiens, chercheurs, informaticiens) dans le cadre de notre travail de recherche.

« À votée »
« À votée »  fermée
1ère publication en française
« À votée » ouverte

Cette publication sera présentée à la bibliothèque de l’Université d’Orléans durant l’exposition “Cabinet de curiosité des langues de France” organisée par Labomédia du 28 février au 24 mars 2017.

 

« La bonne usage » – Règles de traduction en française

L’expérience en cours de la traduction en française nous a permis de formaliser un ensemble de six règles que voici ci-après.

RÈGLE N°1 – LES ADJECTIFS, DÉTERMINANTS ET PRONOMS

Substituer systématiquement les formes féminines aux formes masculines. Conserver les formes épicènes (c’est-à-dire ayant la même forme au masculin et au féminin).

Exemples de traduction des adjectifs
  • Substituer « petite » à « petit », de « agressive » à « agressif », de « savoureuse » à « savoureux »….
  • Conserver des épicènes « agréable », « visible »…
Exemples de traduction des déterminants
  • Adjectifs démonstratifs :                                                                   Substituer « cette » à « cet » ou « ce »,
  • Adjectifs indéterminés :                                                                      Substituer « certaine » à « certain », « nulle » à « nul »…
  • Adjectifs interrogatifs :                                                                     Substituer « quelle » à « quel », conserver l’épicène « que »,
  • Adjectifs numéraux :                                                                          Substituer « première » à « premier », « seconde » à « second »,
  • Adjectifs possessifs :                                                                         Substituer « ma », « ta », « sa » à « mon », « ton » « son »,
  • Articles définis :                                                                                    Substituer « la » à « le », conserver l’épicène « les »,
  • Articles indéfinis :                                                                             Substituer « une » à « un », conserver l’épicène « des ».
Exemples de traduction des pronoms
  • Pronoms personnels :
    – Substituer « elle » à « il», « la » à « le » y compris quand « il » ou « le » sont des neutres. Ainsi, il faut dire : « elle était une fois, « ou bien, « elle est malade et je la suis aussi ».
    Gilles Ménage (grammairien du 17ème siècle) rapporte une conversation avec Madame de Sévigné : « s’informant sur ma santé, je lui dis : madame, je suis enrhumé. Je la suis aussi, me dit-elle. Il me semble, Madame, que selon les règles de notre langue, il faudrait dire : je le suis. Vous direz comme il vous plaira, ajouta-t-elle, mais pour moi, je croirais avoir de la barbe au menton si je disais autrement ».
    – Conserver les formes épicènes  « on » , « en», « y »…
« LUI » : CAS PARTICULIER
 Le pronom personnel masculin « lui » est traduit par « elle », conformément à la règle.
 Cependant lorsqu'il est épicène, il n'est pas conservé et est traduit par « la ».
 Ainsi par exemple, « lui-même » est traduit par « elle-même », mais « tu lui donnes une pomme » est traduit par « tu la donnes une pomme ».
  • Pronoms démonstratifs :
    – Substituter « celle-ci » ou « celle-là » à « celui-ci » ou « celui-là »,                                                                                                    -Conserver l’épicène « ce »,
  • Pronoms indéterminés :
    Substituer « aucune » à « aucun »,
  • Pronoms relatifs ou interrogatifs :
    substituer « laquelle », « auxquelles », « desquelles » à « lequelle », « auxquels », « desquels »,
  • Pronoms possessifs :
    Substituer « mienne », « tienne », « sienne » à « mien », « tien », « sien ».

RÈGLE n° 2 – LES SUBSTANTIFS

Remplacer systématiquement les formes masculines par les formes féminines quand elles existent en français officiel, ce qui est le cas pour les noms de métier, de fonction, de grade et de titre (1). Sinon, quand des formes féminines n’existent pas, les substantifs restent au masculin précédés d’un déterminant féminin.                                                                (1) Référence : Circulaire du 11 mars 1986 relative à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre et Circulaire du 6 mars 1998.

Exemples de formes féminines : « la factrice, la pourvoyeuse, la candidate ».

Exemples de formes masculines : « une petite sac en papier », «  ma grande-père »…

EXCEPTIONS - LES NÉOLOGISMES
 Pour certains substantifs appartenant à certains champs sémantiques techniques, des néologismes sont créés. Ils rappellent l'étymologie du mot.
 Exemple : « un ordinateur » devient « une ordinatrice ».
 
C'était l'un des noms préconisés en 1955 par Jacques Perret professeur de philologie latine à la Sorbonne dans une lettre à Christian de Waldner, président d’IBM France, qui l'interrogeait pour avoir son avis sur le nom à donner aux premières machines qu'IBM s'apprêtait à construire en France.

 Les néologismes font l'objet d'une courte liste qui s'accroit avec le temps.

RÈGLE N° 3 – LES PARTICIPES PRÉSENTS

Les participes présents sont arbitrairement au masculin singulier en français, il faut donc les traduire arbitrairement au féminin singulier en française.

Exemple : « Nous avançons en marchante. »

RÈGLE N° 4 – LES PARTICIPES PASSÉS

Les participes passés sans complément d’objet direct antécédent sont arbitrairement au masculin singulier en français il faut donc les traduire arbitrairement au féminin singulier en française.

Exemple : « Nous n’avons pas beaucoup avancée depuis la loi Veil. »

RÈGLE N° 5 – LES ADVERBES ET LOCUTIONS ADVERBIALES

Les adverbes et locutions adverbiales gardent leur forme sauf si leur étymologie permet de discerner en leur sein des éléments « féminisables ». Dans ces cas il faut adopter les règles précédentes.

Exemple : « maintenant » devient « maintenante » car l’étymologie : main tenant, qui signifie « pendant que l’on tient quelque chose dans la main », c’est-à-dire « à présent », permet d’identifier un participe présent à féminiser d’office selon la règle précédente concernant les participes présents.

Autre exemple : « pas du tout » devient « pas de la toute » en application des règles précédentes.

RÈGLE N° 6 – LES AUTRES FORMES

Toutes les autres formes sont inchangées.

Préparation de la performance du 2 mars 2017 à Orléans

La performance du 2 mars 2017 à Orléans, qui va consister en une lecture augmentée des textes traduits en française, est l’occasion de tester nos outils et méthodes de traduction en grandeur nature. Elle sera présentée lors de l’exposition “Cabinet de curiosités des langues de France” à l’Université d’Orléans du 2 au 31 mars 2017

Le 20 janvier, en vue de préparer notre performance du 2 mars, nous avons rencontré Coraline Cauchi, directrice artistique de la compagnie Serres Chaudes http://serreschaudes.fr/ à Orléans.
Nous nous sommes tout de suite bien entendues autour du projet : Coraline sera donc la lectrice, tandis qu’Anne et Cécile mettront en scène les règles et outils de traduction à l’œuvre dans le projet.
Nous allons travailler ensemble, préparer et répéter la performance lors de notre prochaine résidence à la Labomédia à Orléans du 13 au 18 février.

RECHERCHES

– Le 16 janvier, nous avons fait  une réunion de travail avec nos conseillers scientifiques Olivier Baude (Professeur des universités, Directeur de la TGIR Huma-Num, Directeur scientifique de l’OL-DGLFLF) et Iris Eshkol (Maîtresse de conférences en linguistique à l’Université d’Orléans). Ils nous ont conseillé des méthodes et des outils, et nous avons discuté de possibles collaborations avec des informaticien⋅ne⋅s spécialistes du traitement automatique du langage (TAL).

– Le 19 janvier, nous avons rencontré Catherine Beaugrand, artiste, chercheure et éditrice (Les heures inégales), pour discuter avec elle de perspectives de réalisation d’éditions et de livres d’artistes. Nous avons échangé sur les formes d’édition en ligne et papier.

LECTURES

– Nous avons lu le roman “Les sorcières de la République” de Chloé Delaume, et sommes très intéressées par sa résidence à la librairie Violette & Co et au Palais de la femme autour de la thématique de sa prochaine pièce “Liberté parité sororité” http://www.chloedelaume.net/?cat=24.

Nous sommes en train de lire “« Dis Siri » – Enquête sur le génie à l’intérieur du smartphone” de Nicolas Santolaria.

Premiers scripts, corpus, performance

Pendant l’automne 2016, nous avons  travaillé séparément à distance et aussi ensemble lors d’une session intensive à Paris du 5 au 10 décembre 2016. Nous avons avancé sur 3 fronts :

  • Les outils de traduction en python,
  • Le corpus de textes à traduire,
  • La forme à donner à notre première performance-test prévue à Orléans début mars 2017.
  • Et bien entendu, de nombreuses questions sont soulevées au cours de ce travail.

LES OUTILS DE TRADUCTION EN PYTHON

Un premier dictionnaire masculin-féminin

Pour ce dictionnaire, nous avons choisi de nous limiter aux mots masculins qui possèdent une forme féminine dans le français actuel, c’est à dire : les adjectifs, les déterminants, les pronoms et les substantifs qui désignent des noms de métiers et les fonctions.
Nous avons constitué ce premier dictionnaire masculin-féminin à partir du Lexique 3.81.
Il comprend les adjectifs, les déterminants, les pronoms (“ADJ”, “ADJ:dem”, “ADJ:ind”, “ADJ:int”, “ADJ:num”,”ADJ:pos”,”ART:def”, “ART:ind”, “PRO:dem”, “PRO:ind”, “PRO:int”, “PRO:per”, “PRO:pos”, “PRO:rel”)
Nous ajoutons au fur et à mesure les substantifs figurant dans le “Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions” de 1999.

Nous laissons pendante la question des participes passés et pour l’instant excluons les participes présents.

Un premier script de traduction

Un premier script de traduction automatique basé sur ce dictionnaire donne des résultats assez encourageants.
Les principales erreurs sont dues aux homonymes orthographiques.
Quelques exemples cocasses : “tu tiens pour acquis” devient : “tu tiennes pour acquise”, ” il dit sur un ton sévère” devient “elle dite sur une ta sévère”…
Autres erreurs fréquentes : les noms masculins se terminant par “x” ou “s” ne permettent pas de déterminer le nombre du mot traduit au féminin, par exemple “gris” ou “faux”.
L’accord du participe passé est parfois impropre…
Ce sont les limites de notre méthode très basique qui ne tient pas compte du contexte ni de la fonction dans la phrase de chaque mot, mais se contente de les comparer aux entrées de notre dictionnaire.

La relecture-correction manuelle est donc nécessaire, mais elle porte sur moins de 0,4% des mots, ce que nous trouvons acceptable.

LE CORPUS DE TEXTES

Nous avons commencé à chercher des textes afin de les traduire en française. Nous y portons maintenant attention lorsque nous lisons un article ou un ouvrage. Nous cherchons aussi activement le type de modifications à opérer pour que notre intervention soit la plus visible ou effective possible. Une première piste de travail est de s’intéresser à la littérature qui parle du féminin en linguistique, et plus généralement du genre. Nous nous documentons donc sur la linguistique, en étudiant la façon dont la langue française change, inclut de nouvelles façons de nommer les femmes et leurs rôles dans la société et les freins à cela (comme le fait l’académie française et de nombreux autres acteurs sociaux).

Quelques ouvrages et textes que nous lisons :
– Le haut conseil à l’égalité homme-femme – guide pratique pour une communication sans stéréotype de sexe, 1999
Femme, j’écris ton nom, la documentation française, 1999
– La dglflf, langues et cité, n° 24 : féminin, masculin (la langue et le genre), 2013
– Eliane Viennot : Non, le masculin ne l’emporte par sur le féminin, petite histoire des résistances de la langue française. éditions iXe, 2014
– Eliane Viennot (sous la dir. de), avec Maria Candea, Yannick Chevalier, Sylvia Duverger, Anne-Marie Houdebine, et la collaboration d’Audrey Lasserre. L’Académie contre la langue française : le dossier «féminisation». éditions iXe, 2015
– Anne Dister, Marie-Louise Moreau, Féminiser ? Vraiment pas sorcier ! La féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres. Editions Duculot. 2009

La difficulté que nous avons est qu’utiliser comme source des textes qui parlent directement de la question de la féminisation de la langue française pour les traduire en française rend le résultat confus. Ainsi, pour l’instant, nous avons décidé d’utiliser d’autres types de textes, d’autres thèmes. Cette recherche linguistique nous semble néanmoins au cœur de notre projet, et nous envisageons d’en travailler la matière textuelle lors de workshops ou autres interventions.

PREMIÈRE PERFORMANCE PRÉVUE À ORLÉANS EN MARS 2017

Le 2 mars 2017 nous présenterons le premier travail issu de ce projet à Orléans à l’initiative de la Labomedia lors d’une soirée de performances autour de la langue.

Pour ce premier prototype, nous avons choisi une nouvelle d’Isaac Asimov qui présente une société où le vote n’est plus l’apanage de chaque citoyen⋅ne pour chaque scrutin mais l’ordinatrice Multivac n’a besoin que de s’entretenir avec un électeur (dans cette nouvelle, seuls les hommes de 20 à 60 ans peuvent être choisis comme électeur) pour décider qui seront élus à tous les échelons de l’Etat. La thématique de la nouvelle résonne avec les élections présidentielles en France, les algorithmes prédictifs, les bots électoraux, etc.
Pour la performance, nous proposons une lecture en française de la version condensée de la nouvelle originale (moins de 30 minutes), puis une conversation en française avec le public.

Nous aimerions accompagner la performance d’une petite édition papier A6 de la version longue de la nouvelle.

Nous nous interrogeons sur la pertinence de doubler la lecture par une retranscription du texte à la manière des sous-titrages de films ou d’un karaoké.
Nous avons d’autres idées de mise en scène du texte :
– distribution du texte entre un récitant et un choeur,
– doublage de la performance vocale par une traduction signée/gesticulée

QUESTIONS SOULEVÉES AU COURS DE CE TRAVAIL

Jusqu’où aller dans la féminisation ? Se limite-t-on aux formes féminines existantes dans le français actuel ? Ou bien invente-t-on de toutes pièces des formes féminines pour les substantifs masculins en se basant sur les règles de féminisation des noms de métier ? Va-t-on plus loin en supprimant totalement la référence au masculin ? C’est-à-dire : on passe de “une homme” à “une femme”, de “la père” à “la mère”, etc.

Genèse du projet

L’idée nous titillait depuis des années. Nous avons décidé de passer à l’acte le 1er mai 2016 très exactement à la gare de Langenthal (Ch) et de former un groupe de computer-artistes féministes.

Le projet En française dans la texte a germé à Paris pendant les jours suivants et a donné lieu à une première session de recherche, un peu plus tard, lors des “open ateliers version longue” à la Labomedia d’Orléans où nous avons fait une résidence d’une semaine du 25 au 29 juillet 2016.

 

open_ateliers_2016
@ Labomedia (juillet 2016) – Photo : Labomedia

Cette recherche s’est concrétisée au mois d’août par la rédaction (à distance : via skype et framapad) d’un dossier de demande d’aide au Dicream (aide au développement) que voici :

b_enfrancaisedanslatexte_lesondes

Dans le même temps nous avons écrit nos premiers scripts python de traduction automatique au féminin.