« La bonne usage » – Règles de traduction en française

L’expérience en cours de la traduction en française nous a permis de formaliser un ensemble de six règles que voici ci-après.

RÈGLE N°1 – LES ADJECTIFS, DÉTERMINANTS ET PRONOMS

Substituer systématiquement les formes féminines aux formes masculines. Conserver les formes épicènes (c’est-à-dire ayant la même forme au masculin et au féminin).

Exemples de traduction des adjectifs
  • Substituer « petite » à « petit », de « agressive » à « agressif », de « savoureuse » à « savoureux »….
  • Conserver des épicènes « agréable », « visible »…
Exemples de traduction des déterminants
  • Adjectifs démonstratifs :                                                                   Substituer « cette » à « cet » ou « ce »,
  • Adjectifs indéterminés :                                                                      Substituer « certaine » à « certain », « nulle » à « nul »…
  • Adjectifs interrogatifs :                                                                     Substituer « quelle » à « quel », conserver l’épicène « que »,
  • Adjectifs numéraux :                                                                          Substituer « première » à « premier », « seconde » à « second »,
  • Adjectifs possessifs :                                                                         Substituer « ma », « ta », « sa » à « mon », « ton » « son »,
  • Articles définis :                                                                                    Substituer « la » à « le », conserver l’épicène « les »,
  • Articles indéfinis :                                                                             Substituer « une » à « un », conserver l’épicène « des ».
Exemples de traduction des pronoms
  • Pronoms personnels :
    – Substituer « elle » à « il», « la » à « le » y compris quand « il » ou « le » sont des neutres. Ainsi, il faut dire : « elle était une fois, « ou bien, « elle est malade et je la suis aussi ».
    Gilles Ménage (grammairien du 17ème siècle) rapporte une conversation avec Madame de Sévigné : « s’informant sur ma santé, je lui dis : madame, je suis enrhumé. Je la suis aussi, me dit-elle. Il me semble, Madame, que selon les règles de notre langue, il faudrait dire : je le suis. Vous direz comme il vous plaira, ajouta-t-elle, mais pour moi, je croirais avoir de la barbe au menton si je disais autrement ».
    – Conserver les formes épicènes  « on » , « en», « y »…
« LUI » : CAS PARTICULIER
 Le pronom personnel masculin « lui » est traduit par « elle », conformément à la règle.
 Cependant lorsqu'il est épicène, il n'est pas conservé et est traduit par « la ».
 Ainsi par exemple, « lui-même » est traduit par « elle-même », mais « tu lui donnes une pomme » est traduit par « tu la donnes une pomme ».
  • Pronoms démonstratifs :
    – Substituter « celle-ci » ou « celle-là » à « celui-ci » ou « celui-là »,                                                                                                    -Conserver l’épicène « ce »,
  • Pronoms indéterminés :
    Substituer « aucune » à « aucun »,
  • Pronoms relatifs ou interrogatifs :
    substituer « laquelle », « auxquelles », « desquelles » à « lequelle », « auxquels », « desquels »,
  • Pronoms possessifs :
    Substituer « mienne », « tienne », « sienne » à « mien », « tien », « sien ».

RÈGLE n° 2 – LES SUBSTANTIFS

Remplacer systématiquement les formes masculines par les formes féminines quand elles existent en français officiel, ce qui est le cas pour les noms de métier, de fonction, de grade et de titre (1). Sinon, quand des formes féminines n’existent pas, les substantifs restent au masculin précédés d’un déterminant féminin.                                                                (1) Référence : Circulaire du 11 mars 1986 relative à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre et Circulaire du 6 mars 1998.

Exemples de formes féminines : « la factrice, la pourvoyeuse, la candidate ».

Exemples de formes masculines : « une petite sac en papier », «  ma grande-père »…

EXCEPTIONS - LES NÉOLOGISMES
 Pour certains substantifs appartenant à certains champs sémantiques techniques, des néologismes sont créés. Ils rappellent l'étymologie du mot.
 Exemple : « un ordinateur » devient « une ordinatrice ».
 
C'était l'un des noms préconisés en 1955 par Jacques Perret professeur de philologie latine à la Sorbonne dans une lettre à Christian de Waldner, président d’IBM France, qui l'interrogeait pour avoir son avis sur le nom à donner aux premières machines qu'IBM s'apprêtait à construire en France.

 Les néologismes font l'objet d'une courte liste qui s'accroit avec le temps.

RÈGLE N° 3 – LES PARTICIPES PRÉSENTS

Les participes présents sont arbitrairement au masculin singulier en français, il faut donc les traduire arbitrairement au féminin singulier en française.

Exemple : « Nous avançons en marchante. »

RÈGLE N° 4 – LES PARTICIPES PASSÉS

Les participes passés sans complément d’objet direct antécédent sont arbitrairement au masculin singulier en français il faut donc les traduire arbitrairement au féminin singulier en française.

Exemple : « Nous n’avons pas beaucoup avancée depuis la loi Veil. »

RÈGLE N° 5 – LES ADVERBES ET LOCUTIONS ADVERBIALES

Les adverbes et locutions adverbiales gardent leur forme sauf si leur étymologie permet de discerner en leur sein des éléments « féminisables ». Dans ces cas il faut adopter les règles précédentes.

Exemple : « maintenant » devient « maintenante » car l’étymologie : main tenant, qui signifie « pendant que l’on tient quelque chose dans la main », c’est-à-dire « à présent », permet d’identifier un participe présent à féminiser d’office selon la règle précédente concernant les participes présents.

Autre exemple : « pas du tout » devient « pas de la toute » en application des règles précédentes.

RÈGLE N° 6 – LES AUTRES FORMES

Toutes les autres formes sont inchangées.

Préparation de la performance du 2 mars 2017 à Orléans

La performance du 2 mars 2017 à Orléans, qui va consister en une lecture augmentée des textes traduits en française, est l’occasion de tester nos outils et méthodes de traduction en grandeur nature. Elle sera présentée lors de l’exposition “Cabinet de curiosités des langues de France” à l’Université d’Orléans du 2 au 31 mars 2017

Le 20 janvier, en vue de préparer notre performance du 2 mars, nous avons rencontré Coraline Cauchi, directrice artistique de la compagnie Serres Chaudes http://serreschaudes.fr/ à Orléans.
Nous nous sommes tout de suite bien entendues autour du projet : Coraline sera donc la lectrice, tandis qu’Anne et Cécile mettront en scène les règles et outils de traduction à l’œuvre dans le projet.
Nous allons travailler ensemble, préparer et répéter la performance lors de notre prochaine résidence à la Labomédia à Orléans du 13 au 18 février.

RECHERCHES

– Le 16 janvier, nous avons fait  une réunion de travail avec nos conseillers scientifiques Olivier Baude (Professeur des universités, Directeur de la TGIR Huma-Num, Directeur scientifique de l’OL-DGLFLF) et Iris Eshkol (Maîtresse de conférences en linguistique à l’Université d’Orléans). Ils nous ont conseillé des méthodes et des outils, et nous avons discuté de possibles collaborations avec des informaticien⋅ne⋅s spécialistes du traitement automatique du langage (TAL).

– Le 19 janvier, nous avons rencontré Catherine Beaugrand, artiste, chercheure et éditrice (Les heures inégales), pour discuter avec elle de perspectives de réalisation d’éditions et de livres d’artistes. Nous avons échangé sur les formes d’édition en ligne et papier.

LECTURES

– Nous avons lu le roman “Les sorcières de la République” de Chloé Delaume, et sommes très intéressées par sa résidence à la librairie Violette & Co et au Palais de la femme autour de la thématique de sa prochaine pièce “Liberté parité sororité” http://www.chloedelaume.net/?cat=24.

Nous sommes en train de lire “« Dis Siri » – Enquête sur le génie à l’intérieur du smartphone” de Nicolas Santolaria.